
La soirée du 19 avril restera pour beaucoup comme une première rencontre avec cette artiste sur la scène montréalaise. Mais pour ceux qui la suivent depuis ses débuts en Outaouais, c’était plutôt une confirmation : Rèn Darah arrive, et elle arrive avec tout.
Un parcours qu’on aurait tort de sous-estimer.
Avant de parler d’hier soir, il faut parler du chemin. Parce que la femme qui a investi la scène du Balattou n’est pas une nouvelle venue dans le métier elle est nouvelle à Montréal, ce qui est très différent.
Depuis 2016, elle performe seule, avec full band, mini band ou backtrack. Depuis 2013, elle foule les planches comme danseuse. Entre-temps, elle a enchaîné les festivals Montgolfières, Afrofest, Festival Outaouais, Feaster Fest remporté le prix de meilleure voix féminine aux Kilimandjaro Awards 2024, et célébré ses cinq ans de carrière avec un concert autoproduitsolo au Minautore. Une trentaine de singles sur les plateformes, des clips réalisés de ses propres mains. Une direction artistique qu’elle n’a jamais confiée à personne d’autre qu’elle-même.
Auteure, compositrice, interprète, autoproductrice, artiste-preneure. Elle porte tous ces titres non pas comme des distinctions, mais comme des habitudes de travail.
Quand on lui rappelle que sa dernière apparition au Balattou s’était faite aux côtés du collectif Kannfò, dans le cadre du Syli d’or, elle affirme « Kannfò est une expérience qui m’a marqué, qui a challengé ma vision artistique et m’a permis de devenir meilleure en tant qu’artiste ». Elle souligne que: « Ce collectif a été créé spécifiquement pour le Syli d’or. Ça n’a jamais été un groupe. »
Ce qui s’est passé au Balattou le 19 avril, elle le décrit avec une intensité qui ne laisse pas de place au doute. « C’était une soirée émotionnelle, une soirée où j’ai connecté avec mon public, où j’ai transmis des émotions sur une des scènes les plus incontournables de Montréal pour les artistes afro-caribéens. »
Elle remercie chaleureusement Rooty NAKY de l’avoir invitée, et chaque personne qui a fait le déplacement. « Mèsiiiiii pa sifi, kèm ranpli ak jwa ».
La prochaine étape se profile déjà, et Rèn Darah l’attend avec une impatience sincère.
Tu participeras bientôt à la 3e édition d’Oshun Acoustic. Après cette expérience solo au Club Balattou, dans quel état d’esprit tu abordes cette prochaine scène ?
« J’ai vraiment hâte de participer à Oshun Acoustic. Je suis extrêmement inspirée par la spiritualité ancestrale afro-caribéenne j’adore le titre de l’événement. Je souhaite apporter ma soul, ma douceur et toute ma passion pour la musique à travers ma performance du 23 mai. »
« Solèy va leve, ou gen pou briye yon jou la jou. » Ces paroles tirées de l’une de tes chansons sont chargées d’espoir et de profondeur.
Derrière la force de scène, il y a aussi une histoire plus intime. Début 2025, Rèn Darah traverse un burn-out. Les sacrifices accumulés, les doutes qui remontent, une question qui s’impose avec brutalité : est-ce que ça en vaut la peine ? Doit-elle abandonner ?
C’est de cette fracture qu’est né Dédicace à la petite fille que j’étais, son deuxième EP. Un projet qu’elle décrit comme une lettre adressée à l’enfant qu’elle a été. « Je parlais à cette petite fille en moi pour lui dire merci d’exister, merci d’avoir écrit les poésies qu’elle a écrites, merci pour son authenticité. C’est grâce à elle que je suis Rèn aujourd’hui. »
Parmi les titres de cet EP, Randevou se distingue comme un hymne à l’espoir discret celui qu’on se chuchote à soi-même dans les jours les plus sombres. « C’est un son pour chaque personne qui passe une mauvaise journée, un moment difficile. Pour lui dire : c’est normal, on est humain. Ça ira. Tu finiras par voir clair, yon jou la jou, ce que tu as en tête va se réaliser. »
Ces mots, elle se les est d’abord dit à elle-même. Puis elle a décidé de les offrir à tout le monde.
Écrit par: Florwing O.
Publié par le Centre Communautaire Culturel de Séverine
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