Le feu, la scène et Wess Beaudry

La voix a monté. Le Balattou ne s’en est pas encore remis.


Crédit photo: Hit Moment

100% plezi
« Tu travailles, tu répètes, tu doutes parfois… et là, d’un coup, tu sens que tout le monde est avec toi. » C’est ainsi que Wess décrit le moment où la salle a décollé. Beaucoup de fierté, rempli de satisfaction et une connexion. « C’est comme si l’énergie faisait un aller-retour entre moi et le public. Le plaisir était au rendez-vous comme d’hab 100% plezi. »

Ce plaisir-là, il vient de loin. Port-au-Prince d’abord, Montréal ensuite. Deux villes que certains opposeraient, mais pas lui. « Pa di sa… » lance-t-il avec un sourire. « Je dirais pas qu’elles se battent, elles dialoguent. Port-au-Prince, c’est la racine, le rythme, l’émotion brute. Montréal, c’est l’ouverture, la structure, l’expérimentation. Quand je crée, y’a les deux qui parlent en même temps. Ça donne une musique qui est à la fois chaude, vivante, mais aussi réfléchie et moderne. »

Cette année, Wess a participé au Syli d’Or une des compétitions musicales les plus sérieuses de Montréal. Une expérience qui l’a transformé, dit-il. « Ça t’oblige à être précis. Chaque minute compte, chaque détail compte. Avant, j’étais peut-être plus instinctif. Maintenant, je garde cette énergie-là, mais avec une vision plus stratégique. Je monte sur scène avec intention, pas juste avec vibe. »
Cette intention, on la retrouve aussi dans sa façon de créer. Pas de formule, pas de checklist juste une sensation. « À un moment donné, le morceau arrête de te demander quelque chose. Il respire tout seul. Et quand je peux l’écouter sans vouloir le corriger, là je sais que c’est prêt. » Il éclate de rire : « Trop chaîne tout konn gâté réveil » trop peaufiner peut tout gâcher dit-il.

En live, sa setlist voyage du reggae à d’autres territoires sonores, sans frontières. Ses titres sortis, Gratitude et One Night Stand, parlent deux langues émotionnelles très différentes. Comment naviguer entre son identité artistique et les attentes du public, surtout en ce moment ? « Je reste toujours honnête avec moi-même. Si je cours après ce que les gens veulent, je me perds. Mais en même temps, je suis à l’écoute. L’idée, c’est de trouver un point de rencontre : je dis ce que j’ai à dire, mais je le fais d’une manière qui peut toucher. C’est un équilibre entre authenticité et connexion. »

Quand on lui demande ce qu’il promet à ceux qui seront au 0SHUN Acoustic le 23 mai 2026, il ne cherche pas ses mots longtemps. « Ou Cho ou Cho aw gen la aw gen la » ça va être chaud, vous allez voir. « Je promets une expérience vraie. Quelque chose de proche, d’humain. Pas juste un show, mais un moment où les gens vont ressentir la musique, comprendre qui je suis, et repartir avec quelque chose. »
Et dans cinq ans ? Wess Beaudry voit grand, mais sans jamais perdre l’essentiel. « Sur des grandes scènes, ici et ailleurs. Mais surtout avec une identité encore plus forte. Je veux que mon nom représente une signature, une émotion reconnaissable. » Il marque une pause, puis ajoute, la voix posée : « Et représenter mon pays jusqu’à ma mort. 🇭🇹🇭🇹🇭🇹 Ayiti chéri. » Le feu du Balattou n’est pas près de s’éteindre.

Écrit par: Florwing O.

Publié par le Centre Communautaire Culturel de Séverine

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